mai 2009
Les femmes en grande précarité
Devenir invisible
Nombres de femmes en errance mettent en œuvre une véritable stratégie pour ne pas se faire repérer. D’autres développent une « invisibilité du dedans » pour se débarrasser des travailleurs sociaux.
L’équipe de la Mipes
L’errance, synonyme de solitude, est différente au féminin. Beaucoup de femmes sans domicile ne sont pas en demande. Elles mettent en œuvre une véritable théâtralisation pour ne pas se faire repérer, comme rester dans une gare avec une valise et choisir les personnes vers lesquelles elles font la manche. Elles veulent se rendre invisibles et seul un travail de maraude peut les repérer.
Elles font le maximum pour avoir une apparence physique et vestimentaire qui permette de passer inaperçues. Cette apparence digne les rend transparentes et leur permet aussi d’échapper aux sollicitations des hommes. Une violence extraordinaire est faite aux femmes en errance. Les femmes se cachent d’abord et avant tout pour se protéger des éventuelles agressions sexuelles. C’est aussi important pour les femmes dont les enfants sont placés et qui craignent de perdre le droit de les voir.
Les femmes développent aussi d’autres stratégies de survie à l’égard des travailleurs sociaux. Il s’agit de ne rien dire, assurer « l’invisibilité du dedans ». Elles préparent des discours qui permettent de coller aux attentes. Cela permet de mettre les travailleurs sociaux à distance et de se débarrasser d’eux. Un nouveau moyen de disparaître.
Source : « L’accueil des femmes en situation de grande exclusion ». Compte rendu de la rencontre « Etudes et Recherches » du 21 Janvier 2005 organisée par la Mipes.
Autres sources
Etudes et publications
- Compte-rendu du colloque "Accueil des femmes en situation de grande exclusion"
- Compte-rendu du colloque "Est-ce ainsi que les femmes vivent ?"
- Compte-rendu du colloque "Etre une femme sans domicile fixe après 50 ans"
- L’accueil des femmes dans les établissements d’hébergement en 2004, enquête réalisée par les DRASS en 2005.
- Livret d’accueil : "Etre une femme sans domicile fixe après 50 ans"
Le réseau nous signale
- L’errance est immobile, 2009-2010
- Féminités, accès aux soins, maternité et risques vécus par les femmes en grande précarité, 2005
- Les femmes sdf dans le systèmes assistanciel, 2005
- Marges du travail et pauvreté. Enquête auprès de femmes hébergées dans des structures d’urgences, 2003
- Femmes en errance, de la survie à l’existence, 2003
- Un avantage sous contrainte. Le risque moindre pour les femmes de se trouver sans abri, 1999