Mipes Ile-de-France

  Ma mipes en quelques mots
.

Emploi-insertion

Insertion des jeunes en difficulté

novembre 2011

La problématique insertion des jeunes en difficulté en Ile-de-France

Pascal Le Rest, Conseiller technique à l’ADSEA 77, Directeur du cabinet Conseil et Formation

Il existe une multitude de dispositifs et d’aides pour les jeunes de la région Île-de-France âgés de 16 à 25 ans, sur le versant de l’insertion professionnelle.

De nombreux contrats spécifiques en direction des jeunes …

- Le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation sont des dispositifs de formation en alternance qui leur permettent, par une formation générale théorique, et pratique d’obtenir une qualification professionnelle.
- Les contrats aidés comme le CAE (contrat d’accompagnement dans l’emploi) passerelle et le CIE (contrat initiative-emploi) sont des contrats aidés qui leur proposent une première expérience professionnelle (CAE) et visent l’accès durable à l’emploi (CIE).
- Le CIVIS (contrat d’insertion dans la vie sociale) doit faciliter l’accès à l’emploi des jeunes les moins qualifiés, par un accompagnement personnalisé et renforcé.
- Le parcours d’accès aux carrières de la fonction publique territoriale, de la fonction publique hospitalière et de la fonction publique d’Etat (Pacte) constitue une voie d’accès à l’emploi pour les jeunes qui n’ont ni qualification professionnelle ni diplôme.
- Le contrat d’autonomie est une mesure expérimentale dans le cadre du plan Espoir banlieues, de juillet 2008, pour accompagner des jeunes, résidant en zone CUCS, vers l’emploi durable ou la formation qualifiante. Cette mesure expérimentale, mise en œuvre dans 35 départements et 18 régions, a bénéficié essentiellement, comme bien souvent pour l’ensemble des dispositifs, aux jeunes les moins éloignés de l’emploi et déjà connus des services publics.

Ces dispositifs sont nombreux, morcelés, complexes et difficiles d’accès.
C’est sans doute pour cette raison que le plan gouvernemental Agir pour la jeunesse (voir rubrique contexte) cherche à mobiliser les acteurs de terrain (missions locales, PAIO, prévention spécialisée, etc.) pour donner de la cohérence aux dispositifs et aux mesures qui existent déjà sans rencontrer le succès (comme par exemple les Ecoles de la deuxième chance).
Mais les annonces politiques ne peuvent pas suffire dans un contexte de restriction budgétaire à créer de nouvelles méthodes de travail.

…Complétés par des dispositifs visant à favoriser l’insertion sociale et professionnelle des jeunes

Parmi les dispositifs de l’insertion sociale, le FAJ (fonds d’aide aux jeunes) vient en aide à des jeunes sans ressource pour la moitié d’entre eux : l’aide représente un secours temporaire dans les situations de précarité, de marginalisation ou d’exclusion.
Pourtant l’objectif du FAJ est de favoriser un processus d’insertion sociale et professionnelle pour ces jeunes à qui l’on délivre un montant moyen de 213 euros (voir rubrique contexte).
Quant au RSA jeunes, il ne tient pas ses promesses pour 16-25 ans en difficulté (voir rubrique contexte).

Depuis quelques années, dans le cadre de ce qu’on appelle le Volontariat, les jeunes de 16 à 25 ans de nationalité française ou ressortissants d’un pays de l’Union Européenne peuvent opter pour divers dispositifs.
Lancé en septembre 2005, le dispositif Défense deuxième chance, articulé autour de centres animés par d’anciens militaires, s’adresse à des jeunes, sans emploi ni qualification professionnelle.
Depuis le 8 février 2008, dans le cadre du Plan « Espoir banlieues », le développement des Ecoles de la deuxième chance (E2C) permet aux jeunes des quartiers les plus défavorisés de retourner à l’école.
Depuis la loi du 10 mars 2010, le service civique permet aux jeunes volontaires de s’engager pour une mission de 6 à 12 mois, dans une association par exemple.

En outre sur la question de l’hébergement, les FJT (foyers de jeunes travailleurs) ne peuvent pas éviter la dynamique d’exclusion d’une partie du public accueilli (voir rubrique contexte) et cela malgré les aides financières, comme l’APL (aide personnalisée au logement), l’ALS (allocation de logement social), le FSL (Fonds de solidarité logement), le LOCAPASS.

Enfin, malgré le nombre de dispositifs et d’aides, il n’existe pas en France de véritable politique de la jeunesse.

Qui restent insuffisants face aux problématiques d’insertion rencontrés par les jeunes

Les jeunes de la région Île-de-France doivent se satisfaire des politiques de la jeunesse élaborées dans les départements et dans la région.
L’ambition des dispositifs et des aides d’Etat est d’assurer une prise en charge ponctuelle des jeunes en difficultés sociales, avec l’objectif affiché d’assurer une insertion sociale et professionnelle.
Mais les jeunes ne sont pas responsables des dynamiques sociétales dont ils peuvent être les victimes comme la ségrégation spatiale, la stigmatisation sociale, la racialisation du discours, l’absence d’emplois pérennes dans le monde industriel et marchand, l’absence de logements sociaux, ou encore l’absence de perspectives d’avenir.
Les dispositifs et les aides peuvent aider les jeunes mais pour autant le travail est une denrée qui se raréfie.
Or les jeunes les plus en difficulté dans la région Île-de-France sont ceux des zones urbaines sensibles (auparavant de tradition ouvrière). Dans ces quartiers ouvriers où parfois plus de 40% des jeunes de moins de 25 ans sont sans travail, l’inscription à Pôle emploi et à la mission locale pour obtenir un service civique ne suffit pas à résoudre leur problème de vie.
Le travail de suivi et d’accompagnement réalisé par les missions locales du territoire francilien se trouve souvent réduit à accompagner un jeune dans un parcours de découverte des métiers, à un stage de formation débouchant sur un contrat aidé ou un contrat d’alternance.
La démarche de projet au centre des questions d’accompagnement des jeunes aujourd’hui apparaît difficile à atteindre au regard des perspectives réelles d’emploi et de logement.

Par ailleurs, lorsque les jeunes adhèrent à l’accompagnement qui leur est proposé, il leur faut bien souvent vivre la dure sélection, au regard de l’épaisseur de leur dossier (quand ils ont eu maille à faire avec la justice par exemple, cela ne facilite pas leur sélection) ou de leur origine culturelle, tant pour bénéficier d’un contrat (par exemple, CIVIS) que d’une aide (FAJ).
En outre, pour être soutenu ou aidé, il faut être proche de l’insertion puisque les organismes sont désormais soumis à une logique de résultats.

Impression synthèse Partager Envoyer Impression sujet complet