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Santé

La tuberculose en Ile-de-France

novembre 2011

La tuberculose en Ile-de-France

La tuberculose en Ile-de-France Auteurs : Philippe Pépin, chargé d’étude ORS Ile-de-France et François Tuffreau, ORS Pays-de-la-Loire

La tuberculose est une maladie due au bacille de Koch (Mycobacteriumtuberculosis), qui atteint le plus souvent les poumons.
Cet agent se transmet exclusivement par voie aérienne, par l’intermédiaire de sécrétions émises par une personne contagieuse (toux, parole…).
Toutes les personnes infectées ne développeront pas la maladie, dans 90 % des cas le bacille reste à l’état dormant dans l’organisme (infection tuberculeuse latente, ITL).
Seules 5 à 10 % des personnes contaminées feront une tuberculose maladie (TM). Cette proportion devient toutefois nettement plus élevée chez les personnes immunodéprimées1.
En l’absence ou en cas de refus de traitement, la TM évolue vers une atteinte grave, mortelle en quelques années dans la moitié des cas2.

L’Ile-de-France, région la plus touchée de France métropolitaine

L’incidence de la tuberculose déclarée est particulièrement élevée en Ile-de-France (18 cas pour 100 000 habitants). Seule la Guyane présente un niveau plus élevé (23 cas pour 100 000 habitants)3.
Au sein de l’Ile-de-France, les disparités départementales sont importantes : les taux d’incidence de la tuberculose sont proches de la moyenne nationale dans les Yvelines, les Hauts-de-Seine et la Seine-et-Marne, alors qu’ils atteignent 28 cas pour 100 000 habitants à Paris et 30 cas pour 100 000 habitants en Seine-Saint-Denis.
En ce qui concerne la mortalité, le nombre annuel moyen de décès par tuberculose en France métropolitaine est passé de 1 400 en 1988-1990 à environ 750 en 2005-2007 (y compris les décès par séquelles de tuberculose)4.

La maladie est plus fréquente chez les personnes âgées, dans les populations en extrême précarité comme les personnes sans domicile fixe ou vivant dans des conditions insalubres, chez les personnes incarcérées et chez les migrants en provenance de pays à forte endémie.
Ces populations migrantes sont particulièrement vulnérables à cette maladie car elles cumulent plus fréquemment des infections latentes, le plus souvent acquises dans leur pays, et des conditions de vie défavorables.

La difficulté à améliorer le dépistage et la prise en charge des personnes atteintes a conduit les pouvoirs publics à réinscrire la tuberculose parmi les priorités de santé publique. _Le programme national de lutte contre la tuberculose 2007-2009 vise à consolider la diminution régulière de l’incidence de la tuberculose maladie, et à réduire les disparités épidémiologiques, notamment par un renforcement des actions de dépistage.
Il s’agit en particulier d’atteindre les populations les plus exposées, d’assurer un diagnostic précoce afin de garantir une prise en charge rapide pour réduire la période de contagion, de s’assurer de la bonne observance des traitements, ou encore, d’optimiser la stratégie vaccinale.

Au niveau mondial, l’apparition de formes de tuberculoses multirésistantes (résistant au moins à l’izoniazide et à la rifampicine, antibiotiques de première ligne) et ultrarésistantes (résistant à tous les antibiotiques de première ligne et à au moins un antibiotique de deuxième ligne) est préoccupante.
Le maintien de la résistance de souches tuberculeuses aux antibiotiques à un faible niveau constitue de ce fait l’un des axes du programme de lutte contre la tuberculose.

En France, l’obligation vaccinale a été suspendue chez l’enfant et l’adolescent en 2007.
Une recommandation forte de vaccination est toutefois maintenue pour les enfants et les adolescents considérés à risque ou habitant en Ile-de-France et en Guyane5.
Chez l’adulte, le Haut conseil de la santé publique a récemment recommandé la levée de l’obligation vaccinale chez les professionnels et étudiants des carrières sanitaires et sociales6.

1. L’immunodéficience, caractérise un état dans lequel une personne voit ses défenses immunitaires affaiblies.
2. ORS Aquitaine, ORS Centre, ORS Guadeloupe, ORS Languedoc-Roussillon, ORS Lorraine et al. (2009). La tuberculose. In Les maladies transmissibles dans les régions de France. Fnors. pp. 49-58.
3. InVS. Base de données Tuberculose.
4. Inserm CépiDc. Site du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès.
5. Circulaire n° DGS/RI1/2007/318 du 14 août 2007 relative à la suspension de l’obligation de vaccination par le BCG des enfants et adolescents..
6. HCSP. (2010). Avis relatif à l’obligation de vaccination par le BCG des professionnels listés aux articles L.3112-1, R.3112-1 C et R.3112-2 du Code de la santé publique. 7 p.

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