Mipes Ile-de-France

  Ma mipes en quelques mots
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Revenus

Sans domicile mais pas sans emploi

mai 2009

Les travailleurs pauvres

Equipe de la Mipes

Depuis plusieurs années les enquêtes montrent qu’un nombre non négligeable de personnes en centre d’hébergement ont un travail. Contrairement aux idées reçues, les précaires ne sont pas les seuls touchés, les titulaires de CDI font aussi partie des sans domicile.

En 2001, l’enquête « Une nuit donnée », réalisée auprès des personnes sans domicile, par l’INSEE avec le concours de l’INED montrait que, dans l’agglomération parisienne, 35 % des personnes interrogées déclaraient avoir un travail (déclaré ou non déclaré, en CDD pour 15 % d’entre eux ou en CDI pour 25 %).

Dans l’agglomération parisienne, les sans domicile qui déclaraient travailler étaient 70 % à travailler pour une entreprise. Ils étaient moins de 50 % en province. En province, en effet, près de 25 % des sans domicile travaillaient pour des associations, souvent celles qui les hébergeaient ou les restauraient (contre 1 sur 10 en Ile-de-France).
Par ailleurs, les sans domicile franciliens occupaient principalement des emplois d’ouvrier (35 %) ou d’employé (48 %). Ils avaient souvent peu d’ancienneté dans leur emploi : 72 % occupaient leur emploi depuis moins d’un an.

En 2002, l’Espace Solidarité Habitat (ESH) de la Fondation Abbé Pierre accueillait 2000 personnes pour un accompagnement et une orientation. Parmi les ménages reçus, plus de la moitié avaient au moins un salaire dans le foyer.
En 2004, trois ans après l’enquête INSEE, 40 % des personnes interrogées dans les Centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) déclaraient travailler, contre 21 % dans les Centres d’hébergement d’urgence (CHU).

Dans la nuit du 26 janvier 2006, dans les Centres d’Hébergement d’Urgence d’Ile-de-France, 6 931 personnes y étaient hébergées parmi lesquelles on comptait 5 869 adultes. Parmi eux ont été recensées 926 personnes de nationalité française ou étrangère en situation régulière ayant une activité déclarée (soit 15,8%).

La proportion de travailleurs varie fortement d’un département à un autre et le clivage Paris- Petite Couronne et Grande Couronne est nettement marqué puisque 25% des personnes hébergées en Grande Couronne travaille contre 15% des personnes hébergées en Petite Couronne (et 13% à Paris). La majorité (60%) sont des hommes mais la proportion de travailleurs parmi les hébergés est plus importante chez les femmes (23%) que chez les hommes (16%). La moitié a moins de 33 ans.

A part égale, le contrat détenu est un CDI (47%) ou un CDD (47% des cas également). Le plus souvent l’emploi est occupé à temps plein (57%). 20% des personnes occupent leur emploi depuis plus d’un an, mais plus d’un tiers l’occupe depuis moins de 3 mois. 1/4 des personnes déclarent travailler après 21 heures. Le revenu moyen mensuel perçu par les personnes s’élève à 930 euros.

Près des 75% des personnes sont hébergées dans le centre depuis plus d’un mois, et 25% y est depuis plus de 6 mois. Pour près d’1/3 des personnes, l’hébergement antérieur était un autre centre d’hébergement d’urgence. On peut noter que la moitié des personnes seulement ont fait des démarches de demande de logement social. Cependant la proportion augmente fortement avec l’ancienneté dans l’emploi (67% des personnes ayant un emploi depuis plus d’un an font des démarches contre 24% des personnes qui ont leur emploi depuis moins de 15 jours) et dans le centre (60% pour celles qui sont dans le centre depuis plus de 6 mois, contre 30% des personnes qui y sont depuis moins d’un mois).

Travail et logement sont fortement interdépendants. Il est nécessaire d’avoir une adresse pour obtenir un emploi. En avouant à un employeur potentiel que l’on est hébergé dans une structure ou chez des amis, l’on révèle un problème qui se solde généralement par un refus. A l’inverse, les bailleurs exigent en effet que leurs locataires occupent des emplois en CDI, alors que ce type de contrat se raréfie. En outre, les bailleurs imposent que les revenus des locataires représentent trois à quatre fois le montant du loyer.

Sources : voir Etudes et publications

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