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Santé

Santé mentale et précarité

Octobre 2009

Santé mentale et précarité

Santé mentale et précarité en Ile-de-France

Les personnes en situation de pauvreté et qui se retrouvent confrontées à la grande exclusion sont davantage exposées au risque de souffrance psychique voire de troubles réactionnels.

Alain Mercuel, responsable du SMES du Centre Hospitalier de Sainte-Anne

Si la rue ne rend pas schizophrène, elle déprime, angoisse, traumatise, … et modifie le rapport au monde. D’un autre côté les troubles psychiques, les maladies mentales augmentent le risque de précarité et de fait nous retrouvons dans cette population en grande précarité les mêmes souffrances que dans la population générale mais en plus forte représentation. Par ailleurs les comorbidités apparaissent plus rapidement : consommation d’alcool, abus de substances en premier lieu mais également apparition de pathologies que l’on croyait en diminution (tuberculose, syphilis, VIH, …) et bien sûr décompensation ou aggravation de pathologie somatiques en rupture de thérapeutique (diabète, rhumatismes, atteintes pulmonaires ou cardiaques, etc).

De graves difficultés financières, le chômage de longue durée, le manque de réseau social et l’incertitude concernant l’avenir peuvent avoir un impact négatif sur le bien-être et la santé des personnes. Il est donc essentiel d’agir le plus tôt et le plus en amont possible avant que les atteintes de la santé - qu’elle soit générale ou mentale - ne deviennent, par leur intrication, très compliquées à traiter.

Depuis la fin des années 90, des équipes mobiles psychiatrie précarité se sont mises en place sur tout le territoire national. La grande majorité est issue des secteurs de psychiatrie générale après le constat d’une limite des pratiques habituelles hospitalo-centrées. A l’aune de ces expériences novatrices, une circulaire (1) est venue conforter ces pratiques et a permis d’asseoir ces équipes sur un texte de cadrage.

Devant l’importance de la population précaire et en errance en Ile de France et dans la capitale, la DDASS de Paris a mis en place 5 équipes mobiles spécialisées en psychiatrie, dans chacun des 5 établissements spécialisés couvrant le territoire parisien. Ces 5 équipes (2) ainsi que celle créée par le Samu social de Paris sur le même territoire se sont organisées en réseau : le réseau Psychiatrie Précarité de Paris. Depuis bientôt une décennie, ces équipes tentent de répondre aux besoins des personnes en situation de précarité et nécessitant un premier ou un nouvel accès aux soins spécialisés de droits commun. Ce réseau n’a pas vocation à créer une nouvelle filière de soins mais à faciliter l’accès aux soins et ce par la rencontre avec les personnes en souffrance mais également par la création de liens entre les acteurs sanitaires et les acteurs sociaux en charge des dispositifs en place.

Après une période de lancement, les autorités de tutelle ont souhaité une nouvelle organisation permettant de dépasser les difficultés rencontrées (regards inquiets des secteurs, travail de réseau insuffisant, etc). C’est ainsi que les cinq établissements de santé et le Réseau Souffrances et Précarité en lien avec le Samu Social de Paris ont établi une convention de réseau sous la houlette de la DDASS de Paris. Ce réseau remplit un rôle d’interface entre les personnes accueillies, les structures accueillantes (centres d’hébergements, accueils de jour, centres de stabilisation ou de réinsertion) et les 29 secteurs de psychiatrie générale. La coordination est dès lors assurée par un binôme composé d’un directeur d’établissement spécialisé et d’un psychiatre, responsables désignés en concertation entre les établissements.

Des pratiques professionnelles communes sont en cours d’élaboration permettant d’offrir des réponses cohérentes et relativement homogènes sur le territoire.

(1) - CIRCULAIRE DHOS/O2/DGS/6C/DGAS/1A/1B N521 du 23 novembre 2005 relative à la prise en charge des besoins en santé mentale des personnes en situation de précarité et d’exclusion et à la mise en œuvre d’équipes mobiles spécialisées en psychiatrie.

(2) Localisation des équipes :
- Centre hospitalier Sainte-Anne, pour les 5,6, 14, 15, 16ème arrondissements de Paris ;
- Etablissement Public de Santé Maison Blanche, pour 9, 10, 18, 19 et 20ème arrondissements
- Centre hospitalier Esquirol, pour les 1, 2, 3, 4,11 et 12ème arrdts et l’Equipe du Réseau Souffrance et précarité
- Groupe Public de Santé Perray-Vaucluse, pour 7, 8 et 17ème arrondissements ;
- Association de santé mentale du 13ème arrdt pour le 13ème arrondisssement.

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