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Comment les migrants perçoivent-ils leur intégration ?

19/09/2012

Comment les migrants perçoivent-ils leur intégration ?

Afin de répondre à cette question le Migration Policy Group et la Fondation Roi Baudouin ont mené une enquête auprès de migrants.

Publiée en mai 2012, l’enquête sur les citoyens immigrés (“Immigrant Citizens Survey”, ICS) est la première enquête transnationale qui interroge un panel aussi large et représentatif de migrants à travers l’Europe afin d’évaluer leurs aspirations, perceptions et besoins en matière d’intégration. Plusieurs thématiques ont été interrogées : langue, emploi, regroupement familial, résidence de longue durée, participation politique, accès à la nationalité…

En France, plus de 1 000 personnes ont été interrogées à Paris et à Lyon. Emploi, langues, participation civile et politique, regroupement familial, résidence de longue durée et nationalité, les principales composantes du parcours d’intégration sont abordées dans le cadre de cette étude comparative.

Des résultats riches d’enseignement

On apprend ainsi qu’en France, le pouvoir discrétionnaire des autorités est perçu comme le principal obstacle en matière de parcours d’intégration. 38% des personnes interrogées estiment que les problèmes rencontrés en matière de regroupement familial étaient dus à l’arbitraire des autorités. Ainsi, la France est le seul pays où la politique de discrétion est placée en première position dans ce domaine. L’arbitraire administratif est également cité en matière d’accès à la résidence de longue durée par 30% des migrants.

En matière d’accès à l’emploi, 68% des migrants estiment avoir rencontré des difficultés à trouver un emploi, notamment 40% dus aux contrats temporaires, 33% pour non-reconnaissance des qualifications et diplômes obtenus à l’étranger et 30% pour discrimination des employeurs. On note pourtant que peu de personnes interrogées ont déposé une demande de reconnaissance de qualifications alors que la majorité de ceux qui l’ont demandée l’ont obtenue. Il existe a priori un manque d’information sur ce sujet.

En matière d’accès à la nationalité, alors que les étrangers peuvent généralement faire leur demande après 5 ans de résidence, ils la font en moyenne douze ans après leur arrivée en France. 50 % des personnes interrogées pointe du doigt la complexité des procédures, ce qui n’est pas surprenant lorsque l’on sait que la procédure de naturalisation a de nouveau été alourdie en 2011.

Un aspect important montré par l’enquête est la volonté des migrants de s’engager dans un processus de participation politique électorale. En France, 92% de migrants déclarent vouloir participer aux élections, viennent ensuite des migrants en Espagne (87%), en Italie (78%), en Belgique (76%) et au Portugal (74%). Les migrants en Allemagne sont les moins nombreux à déclarer vouloir voter, avec le pourcentage de 56,6%. Ces résultats montrent un niveau élevé d’intérêt et d’implication des migrants dans la vie politique du pays.

En donnant la parole aux intéressés, cette enquête offre une vision neuve de l’intégration, plus nuancée et loin de la représentation habituelle qui est exagérément négative. Elle constitue un précieux outil pour la mise en œuvre de politiques publiques.
France Terre d’Asile

- Consulter l’étude « Comment les immigrés vivent-ils l’expérience de l’intégration ? », http://kbs-frb.be/uploadedFiles/KBS...

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