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Des idées fausses à la discrimination

08/01/2014

Des idées fausses à la discrimination

Tous les jours, dans les médias, au sein des entreprises, dans les quartiers, dans les discussions à l’intérieur des familles ou entre amis, des idées simplistes ou fausses circulent sur les personnes en situation de précarité. Quelles en sont les conséquences ?

Pourquoi cette logique de présupposé ?

Les présupposés existent sous toutes les formes. Ils sont en ce moment très vifs au sujet de la pauvreté et des pauvres en général. Il y a de nombreuses explications : l’ignorance, la peur de l’autre, la volonté de trouver des boucs émissaires aux difficultés que nous traversons, le besoin d’expliquer les échecs de nos actes et de notre modèle de redistribution par la faute de ceux qui sont censés en bénéficier... Nous vivons de plus en plus dans des mondes séparés. Les lieux et les moments de rencontre entre personnes de différents milieux sont rares et les préjugés empêchent la rencontre.

Il faut comprendre que de vrais freins existent pour cette population et n’est pas le fruit de leur propre volonté. Par exemple, l’échec de la reprise d’emploi est en réalité lié essentiellement aux niveaux de formation, aux problèmes de transport, de santé, etc. Sans oublier le plus important : il manque aujourd’hui des emplois pour 10% des travailleurs en France. Cela contribue à créer et à entretenir cette forme d’’exclusion en maintenant l’idée que ces personnes sont responsables de leur situation.

Quels exemples ?

Dans un livre paru au mois de septembre, où des personnes en situation de pauvreté ont participé à des rencontres pour faire l’inventaire des paroles que l’on peut entendre au quotidien, un « florilège » nous est livré avec des arguments pour les déconstruire. Deux exemples (nb les arguments sont volontairement pas développés dans l’article mais sont évidement beaucoup plus étayés) :

- « Les bénéficiaires de la CMU en profitent pour faire des soins de confort dont ils n’ont pas vraiment besoin » Faux. Leur consommation de soins est légèrement supérieure, mais c’est parce que leur état de santé est moins bon.

- « On peut gagner plus au RSA qu’au SMIC » Faux. Dans tous les cas de figure, l’écart est important et n’est pas comblé par les différentes aides possibles. (Tableaux à l’appui dans le livre)

Dans ce flot de discours, les étrangers sont particulièrement visés : « Ils peuvent profiter facilement des minima sociaux qu’ils perçoivent dans leur pays. »

A partir de ce type d’exemple, les auteurs ont donc recensé plus de 80 stéréotypes de ce genre et ont essayé d’y répondre, en allant chercher des faits dans nos convictions et nos expériences, mais aussi des chiffres dans des études et des rapports officiels. Enfin, autre idée forte, ne conditionnons pas l’objectif de mettre fin à la pauvreté au retour de la croissance économique car il n’y a pas de lien direct entre celle-ci et la baisse de la pauvreté.

Les préjugés source de discrimination ?

Il faut donc sortir de ces préjugés où les uns sont bons et les autres mauvais, se connaître au lieu de s’ignorer pour inventer ensemble une société où la misère n’aura plus droit de cité. Ce livre rappelle avec force que les préjugés sur les pauvres, sont une discrimination inacceptable. Aujourd’hui, parmi les 19 critères de discrimination actuellement prohibés par l’article 225-1 du code pénal, on ne compte pas la précarité sociale. Un vingtième critère pour origine sociale a été proposé au calendrier de l’Assemblé nationale pour 2014 appuyé par un livre blanc remis au Défenseurs des droits par un collectif d’association.

« En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté » ; 192 p. - Coédition Éditions de l’Atelier & Éditions Quart Monde. Jean-Christophe Sarrot, Bruno Tardieu, Marie-France Zimmer

http://plusdignelavie.com/?p=2592

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