21/05/2012
Enfants en situation de rue en France
Recherche intitulée « Les actions pour les enfants en situation de rue en France, Logiques d’action, professionnalisations et innovations ».
Cette recherche s’inscrit dans le cadre de l’appel d’offres thématique 2009 de l’Observatoire National de l’Enfant en Danger (ONED), intitulé « Les actions psycho-socio-éducatives en protection de l’enfance conduites en milieu ouvert ou ordinaire ».
Elle concerne l’émergence de pratiques professionnelles ou bénévoles/militantes qui s’adressent à des enfants qui ne fréquentent pas assidument le foyer parental, l’école, les structures parascolaires et les divers dispositifs de protection de l’enfance, en danger, en risque de danger ou dans le cadre d’une prévention générale des risques.
Ces enfants sont ainsi définis par défaut, comme une population qui ne fréquente pas de manière habituelle les institutions dévolues à son éducation et se trouve ainsi livrée au risque de la socialisation dans le cadre de l’espace public, plus particulièrement la rue.
Par commodité, le choix a été fait de nommer ces publics « enfants en situation de rue (ESR) ». Cette référence mérite d’être explicitée.
Pour éviter toute confusion, on peut donner une première définition des ESR de deux manières.
Tout d’abord, au regard de ce que cette notion ne désigne pas : enfants des rues, mineurs isolés, enfants placés, jeunes en situation d’errance, etc.
Ensuite, au regard de ce qu’elle pourrait désigner :
la présence de ces enfants dans les espaces publics, hors de leur domicile et hors des institutions péri scolaires usuellement destinées à l’enfance,
le fait que enfants sont le plus souvent non accompagnés par des adultes,
le fait que ces enfants observent une faible participation aux activités socioéducatives habituellement dévolues à leur éducation,
qu’ils soient perçus comme étant en risque de danger par les instances chargées de les protéger,
qu’ils semblent « résister » aux actions socioéducatives classiques, alors qu’ils sont susceptibles d’accepter et d’adhérer à des propositions nouvelles,
qu’ils sont âgés entre 3 et 13 ans et constituent des groupes dans lesquels les âges se mélangent facilement.
Les ESR ne forment pas une base conceptuelle ou une catégorie uniforme, objectivée scientifiquement. En revanche, a été retenue cette notion émergente pour la qualité descriptive des situations qu’elle caractérise.
En termes de recherche, il s’agit donc d’une démarche exploratoire, qui ne vise pas un objet stabilisé d’un point de vue académique, mais qui prend davantage appui sur une littérature professionnelle et militante et, surtout, sur des initiatives qui proposent des actions pour ces enfants.
La littérature concernant cette réalité émergente est donc rare ; les acteurs concernés ne se reconnaissent pas forcément de liens, ni de points communs. Pourtant, ils agissent tous dans le cadre d’initiatives qui se décalent d’une certaine manière des références et des pratiques habituelles du travail social.
Cette différence leur permet de s’adresser aux enfants qui eux-mêmes vivent en rupture avec les réponses habituelles. C’est pour tenter d’approcher la réalité des ces ESR et d’évaluer la pertinence des modes d’intervention, que cette recherche interroge les pratiques du travail social qui révèleraient leurs existences.
Le groupe des ESR présente un certain nombre de caractères spécifiques : il s’agit d’enfants d’âges mélangés, généralement assez jeunes (3 à 16 ans, avec un cœur de cible entre 6 et 13 ans), qui se retrouvent souvent dans les espaces publics, sans surveillance d’un adulte légalement responsable.
Ce sont des enfants plutôt sédentaires, habitués à fréquenter des espaces proches de leur logement et, moins que les autres, les institutions dédiées habituellement à leur éducation : surtout dans le temps périscolaire. (Ott, 2000).
Certaines associations comme ATD Quart Monde ou Intermèdes-Robinson, précisent qu’on ne rencontre en général pas les mêmes enfants, selon que l’on se place d’un côté ou de l’autre d’un bâtiment de logements collectifs ; en effet, « les enfants ont souvent mission de rester directement à vue et en bas de leur logement » (Intermèdes, 2002).
La recherche effectuée (voir synthèse ci-dessous) a ainsi permis d’explorer l’ensemble des pratiques destinées à ces enfants qui ne trouvent pas de place dans les institutions classiques, éducatives, culturelles ou sociales.
Elle a posé la question des pratiques qui leur sont destinées et de la professionnalité des acteurs qui s’engagent à leurs côtés.
Outre la remise du rapport, cette action de recherche a également donné lieu à une journée d’étude à l’Université de Nanterre, le 12 janvier 2012 qui sera prochainement suivie d’un ouvrage collectif sur cette question.
Ont contribué à cette recherche :
OTT Laurent, coordonateur, DJAOUI Elian, CAZOTTES Ewelina, FOURDRIGNIER Marc, LEGAUT Jean-Philippe, RULLAC Stéphane, TOUHARIA-GAILLARD Abdia.
Pour aller plus loin, concernant le travail avec les enfants des rues en France :
http://blog.recherche-action.fr/intermedes/
http://www.gpas.infini.fr/v2/index.html
http://www.dailymotion.com/Cultures_Robinson/
http://www.icem-pedagogie-freinet.org/recherche/adultes/results/taxonomy%3A217
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