Mipes Ile-de-France

  Ma mipes en quelques mots
.

Etude sur le genre et la précarité

13/04/2012

Etude sur le genre et la précarité

Résultats de l’étude « Le genre dans la prise en charge des personnes en situation de précarité » réalisée par le groupe Femmes et précarité de la MIPES.

A l’occasion d’une matinée d’étude organisée par la MIPES le 23 mars , les membres du groupe « Femmes et précarité » ont présenté les résultats d’une étude ayant pour objet de questionner la mixité au sein de centres d’accueil de personnes en grande difficulté (voir document ci-joint en bas de page).

Puis, deux responsables de centres d’hébergement - Marie Cervetti, directrice de l’association "FIT, une femme, un toit", ainsi que Laurent Desmarescaux, directeur de "la Cité de Refuge, Centre Espoir de l’Armée du Salut" - ainsi que deux sociologues - Marc Bessin, chargé de recherche au CNRS, directeur de l’IRIS ainsi que Maëlle Planche, membre de l’équipe CESAMES, - sont intervenus afin de commenter et analyser les résultats de l’étude au cours d’une table ronde intitulée « Le genre dans l’accueil et l’hébergement ».
Les actes de cette matinée d’étude seront publiés courant mai 2012.

Principaux résultats de l’étude

Si ce rapport ne prétend pas dresser un panorama complet du questionnement sur la mixité ou la non-mixité au sein des centres, il met néanmoins en exergue, à travers la mobilisation de l’approche de genre, des éléments pouvant donner des clés de compréhension pour exposer des pratiques.

A l’issue des entretiens menés auprès de responsables et de travailleurs sociaux de 23 structures d’hébergement et d’accueil de jour, le sentiment qui a prévalu au sein du groupe « Femmes et précarité » était teinté d’une certaine ambivalence.
En effet, appliquer ou non la mixité au sein de structures accueillant un public précaire, particulièrement fragilisé par des trajectoires chaotiques, ne relève pas d’une décision binaire.

Au travers des thèmes abordés lors des entretiens, se dessine ainsi une pluralité de réponses quant au positionnement des professionnels à l’égard de la mixité.
En premier lieu, s’agissant de la non-mixité au sein des structures, elle se trouve en partie déterminée par le type de public accueilli qui peut induire un accueil spécifique, par la volonté des professionnels de l’accompagnement de favoriser un entre-soi sexué considéré plus favorable à l’insertion des individus, mais aussi de part l’histoire de la structure.
En second lieu, lorsque les professionnels ne s’opposent pas catégoriquement à la création de structures mixtes, cette mixité est subordonnée à des préconisations d’ordre organisationnel ou architectural exprimées au sein de ce rapport.
Enfin, pour certaines structures, l’accueil mixte et indifférencié relève d’un choix délibéré de la structure qui gère alors les effets de cette mixité.

Au-delà de la simple question de mixité ou non-mixité dans les centres accueillant des publics précaires, ce rapport soulève également diverses questions transverses que le groupe a analysées : l’architecture des centres, la vie quotidienne dans les centres, les activités proposées au sein des centres, etc.

En outre, qu’en est-il de la mixité des équipes de professionnels de l’accompagnement  ? Là encore, les avis diffèrent. Pour certaines structures, la mixité de l’équipe est totalement exclue du fait du public accueilli, pour d’autres c’est le manque de candidats masculins qui est déploré. Enfin certaines structures non-mixtes ont volontairement souhaité instaurer la mixité dans les équipes.

Quelques pistes d’analyses et de réflexions

A partir des données recueillies et exposées dans le rapport d’étude, le groupe a proposé quelques pistes d’analyse et de réflexion concernant à la fois la mixité et l’accueil genré.

D’une manière générale, l’enquête révèle que le genre masculin constitue un danger potentiel pour le genre féminin qui met alors en place un certain nombre de stratégies d’évitement des risques. Dans ces situations particulières, la mixité est donc impossible à envisager car la première mission institutionnelle est d’assurer la sécurité physique et psychologique des femmes.

Du point de vue du travail social, l’accueil ou les activités réservées à un sexe seraient une sorte de préalable à la conquête ou à la reconquête d’une capacité à participer aux relations sociales ordinaires. Il s’agirait ici de privilégier les relations uni-genre dans les lieux d’accueil comme moyen de resocialisation.

Par ailleurs, ce que la mixité oblige à repenser, ce ne sont pas les spécificités de l’accueil du public féminin, mais plutôt les conditions d’accueil des SDF en général parce que nos catégories mentales sur le genre féminin sont choquées de l’accueil qui leur est fait alors qu’il est le même que l’accueil fait habituellement, sans y penser, aux hommes.
Ainsi l’arrivée de femmes dans des lieux prévus pour des hommes interroge l’accueil qui leur est réservé : architecture, sanitaire, cuisine, organisation des visites et règlement intérieur.
Toutefois si l’accueil mixte s’organise malgré tout, dans un accueil de jour ou dans un centre d’hébergement, ce dernier est parfois envisagé comme un facteur « d’humanisation des lieux ». Ceci est notamment observé au moment où des femmes sont accueillies dans des lieux habituellement réservés aux hommes puisque se posent alors des questions d’organisation de l’accueil et d’architecture des lieux.

Si cette enquête a permis de recueillir dans un premier temps l’avis des responsables de centres et des travailleurs sociaux, la MIPES envisage à présent de poursuivre l’enquête par un deuxième volet qui permettra de recueillir l’avis des personnes accueillies au sujet de la mixité.

PDF - 468.9 ko
Rapport d’étude "Le genre dans la prise en charge des personnes en situation de précarité"

► Pour en savoir plus, consulter le rapport d’étude ci-joint mais aussi la page dédiée à l’ensemble des travaux menés par ce groupe de travail désormais rebaptisé "Genre et accueil social".

Partager Envoyer Impression