Mipes Ile-de-France

  Ma mipes en quelques mots
.

Faciliter l’accès aux études supérieures en prison

05/07/2012

Faciliter l’accès aux études supérieures en prison

La politique régionale en faveur des « étudiants empêchés » pour une meilleure intégration sociale.

En Ile-de-France, la population carcérale est extrêmement importante avec plus de 12 000 détenus.
Au nom du droit à l’éducation, et parce que l’accès à l’enseignement supérieur représente un tremplin vers une réinsertion réussie dans la société civile, mais aussi parce que l’acquisition de connaissances nouvelles peut profondément modifier la vie des personnes incarcérées, il apparaît essentiel que la possibilité soit donnée à ces personnes d’entreprendre des études universitaires, si elles en ont le projet.

Pourtant, la poursuite des études pour les personnes détenues constitue aujourd’hui une réelle difficulté, tant les obstacles à franchir sont nombreux.

Aussi, afin que les 2 % à peine des détenus franciliens qui suivent des études supérieures soient à l’avenir bien plus nombreux, la Région Ile-de-France entend soutenir plusieurs actions participant à cet accès aux études universitaires dans le cadre de son dispositif d’aide à la démocratisation de l’enseignement supérieur issu du rapport cadre1 fixant la politique régionale en faveur de l’enseignement supérieur et de la recherche.

En application de cet engagement politique, le Conseil régional avait organisé une table ronde2 sur le thème de l’accès à l’enseignement supérieur en milieu carcéral le 3 novembre 2011, réunissant autour de cette thématique d’anciens détenus, des représentants d’universités, de l’administration pénitentiaire, et d’associations spécialisées dans l’enseignement aux personnes incarcérées.

L’objectif était double et visait d’une part, à dresser collectivement un état des lieux des contraintes empêchant les détenus de mener à bien leurs études supérieures (choix entre la poursuite d’études ou la possibilité d’exercer un travail, les coûts des études supérieures en termes de moyens financiers, techniques, administratifs et matériels, l’adéquation entre poursuite d’études supérieures et les exigences de sécurité de l’administration pénitentiaire, le statut juridique du détenu...), puis d’autre part, à évoquer les leviers d’actions en faveur du développement des études supérieures en milieu carcéral.

Dès novembre 2011 et afin d’y apporter des premières solutions, la Région Ile-de-France a apporté, pour l’année universitaire 2011-2012, un soutien financier de 40.000 € au Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) Université Paris-Cité, à destination de la section « des étudiants empêchés » de l’Université Paris 7-Diderot.

Cette section des étudiants empêchés constitue à ce jour l’unique filière d’enseignement supérieur intramuros en faveur d’étudiants incarcérés au sein même des maisons d’arrêt de la santé (75), de Fresnes (94), et d’Osny (95), et de la maison centrale de Poissy (78).
Ainsi, 157 étudiants incarcérés suivent cette année des cursus universitaires complets grâce au travail de cette section et en présence d’enseignants universitaires dispensant leurs cours et enseignements au sein des établissements pénitentiaires.

L’enseignement porte notamment sur la préparation au diplôme d’accès aux études universitaires (DAEU), ou bien encore à la préparation de Licence en Lettres Modernes.

Enfin, toujours dans l’objectif d’accompagner les étudiants empêchés, la Région étudie la possibilité d’attribuer des bourses d’étude aux détenus en formation, afin notamment de leur éviter d’avoir à choisir entre un travail rémunéré et des études supérieures pendant leur incarcération.

1. Le rapport cadre n° CR 72-10 du 19 novembre 2010 du Conseil régional Ile-de-France « Politique régionale en faveur de l’enseignement supérieur et de la recherche : délibération cadre 2011-2016 ».
2. Article du journal Libération relatif à la table ronde régionale du 3 novembre 2011.

Partager Envoyer Impression