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Inégalités sociales de santé en France

14/03/2012

Inégalités sociales de santé en France

Article proposé par Philippe Pépin, ORS Ile-de-France, et François Tuffreau, ORS Pays-de-la-Loire.

En France, sur la période 2000-2008, les écarts d’espérance de vie à 35 ans entre cadres et ouvriers atteignent 6,3 années chez les hommes et trois ans chez les femmes.
Toutes les catégories sociales ont bénéficié de l’augmentation de l’espérance de vie entre les périodes 1976-1984 et 2000-2008, mais les écarts d’espérance de vie entre ouvriers et cadres masculins se sont légèrement accrus (de 6 à 6,3 ans).
La France a, pour les hommes, le taux de surmortalité des travailleurs manuels âgés de 45 à 59 ans le plus élevé, 1,7 fois celui des travailleurs non manuels, contre 1,4 dans la plupart des autres pays d’Europe.

Facteurs explicatifs de ces écarts

De nombreux travaux scientifiques ont été conduits depuis plusieurs décennies pour essayer d’identifier les principaux facteurs susceptibles d’expliquer ces écarts.
Ceux-ci sont pluriels : cadres de vie et d’habitat dégradés, pénibilité ou dangerosité du travail (expositions à des substances cancérigènes dans le cadre professionnel notamment), comportements à risque plus fréquents (tabagisme, consommation d’alcool, alimentation déséquilibrée…), mais aussi moindre aptitude à prévenir ou à compenser un handicap, moindre recours au dépistage, recours médical plus tardif ou moins adapté, etc. Déclinées tout au long de la vie, ces différences de comportement se cumulent pour donner lieu à des inégalités de santé.

Pour Wilkinson, dans les pays à niveau de richesse comparable, les différences d’accès aux soins ne sont pas le déterminant principal de ces disparités.
Ainsi, en Angleterre, où l’accès aux soins est gratuit, les recours aux soins des groupes les moins favorisés, qui ont une mortalité plus élevée, sont plus fréquents que ceux des personnes en haut de l’échelle sociale. L’influence des inégalités de revenus est en revanche déterminante, les pays dans lesquels les inégalités de revenus sont les plus marquées étant aussi ceux qui ont les inégalités de santé les plus prononcées. Ces résultats font cependant débat.

Jusot a exploré de manière approfondie l’effet continu du revenu sur la santé, le revenu étant considéré comme le reflet du rang de l’individu dans la société, au-delà du montant des ressources disponibles. Selon l’auteur, le lien étroit revenu/santé s’interprète comme un impact de la position sociale sur le risque de décès.
Un statut subalterne dans la société expose en effet les personnes concernées à un risque de mortalité accrue, notamment en lien avec les effets pathogènes du stress induit par la hiérarchie et du manque d’autonomie dans le travail.

- Lire la suite de l’article "Inégalités sociales de santé en France", publié dans la rubrique Santé.

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