13/01/2012
Le 115 face aux limites de l’urgence
Enseignements du rapport annuel de l’observatoire national du 115 de la FNARS.
En 2010, l’activité du 115 est en progression avec plus de 1.2 millions d’appels décrochés par les écoutants des 20 départements de l’échantillon étudié, les sites sentinelles.
Le nombre total de demandes s’élève à un peu plus de 3,3 millions, concernant essentiellement des demandes d’hébergement (95%).
La réponse apportée par le 115, si elle est importante, demeure largement insuffisante pour répondre à l’ensemble des demandes, quel que soit le type de demandeur.
Hors période de grand froid, on relève ainsi plus de 40% et jusqu’à 65% des demandes ne donnant pas lieu à l’attribution d’une place d’hébergement (44% en Essonne).
La principale raison des non-réponses reste l’absence de places disponibles (43%). Elle représente plus de la moitié des motifs de non-attribution le Val de-Marne.
Aussi malgré l’augmentation du nombre de places (+ 58% entre 2004 et 2010), la capacité d’accueil du dispositif d’hébergement ne parvient pas à suivre la progression des besoins (environ +75% pour les personnes sans domicile entre 2001 et 2010) et laisse de nombreuses personnes contraintes de vivre à la rue.
S’il y a peu de variation saisonnière pour le nombre d’appels, on observe une forte variation saisonnière des attributions de places, malgré les engagements réitérés des pouvoirs publics de pérenniser les dispositifs.
Ainsi l’hiver, les non-attributions baissent avec le renforcement temporaire des dispositifs d’hébergement au gré des variations de températures (jusqu’à un doublement des places disponibles). La tendance repart ensuite à la hausse au mois d’avril, avec des remises à la rue forcées, pourtant contraires au principe de continuité de l’accueil.
Les deux tiers des personnes qui ont appelé le 115 en 2010 (ou pour lesquelles un appel a été passé) étaient déjà connues dans le dispositif d’urgence (les autres sont des « primo-appelants »), ce qui en dit long sur l’absence de solutions pérennes proposées aux personnes en difficulté d’accès au logement.
Toujours plus sollicité, le numéro d’urgence voit également son public évoluer : les demandes faites au 115 ont concerné en 2010 pour moitié des familles (75% à Paris). Les jeunes de 18 à 25 ans représentent 20% des personnes ayant sollicité le 115 en 2010.
Pour en savoir plus consulter le rapport annuel du 115 de la Fnars.
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