Mipes Ile-de-France

  Ma mipes en quelques mots
.

Le travail : un facteur explicatif central de l’état de santé physique et mental

L’accès aux soins des immigrés âgés

14/11/2011

Le travail : un facteur explicatif central de l’état de santé physique et mental

Des corps marqués par de multiples accidents du travail.

Nombreux sont les immigrés âgés ayant eu au moins un accident du travail, durant leur parcours professionnel.
Ainsi, le nombre d’accidents vécus par un des hommes interrogés au cours d’une enquête menée auprès d’hommes algériens vivant en foyer ou en hôtels meublés, est emblématique de ce qu’ont connu de nombreux immigrés âgés :
-  1964 : Cheville gauche cassée.
- 1977 : Lumbago d’effort.
- 1980 : Lombalgies.
- 1985 : Pouce droit cassé.
- 1987 : Lombalgies.
- 1988 : Traumatisme cervical gauche.
- 1989 : Traumatisme dorsal et de la main droite
- 1992 : Douleurs dans la région du rachis dorsal et cervical.
- 1993 : Visage et yeux atteints par des produits chimiques.

Des pathologies résultant de travaux pénibles et dangereux

Sans systématiquement avoir le corps visiblement marqué par un accident du travail, les immigrés âgés connaissent des souffrances résultant de leurs conditions de travail.
Certains ont des problèmes auditifs, du fait d’avoir été confrontés à des travaux d’une haute intensité sonore. D’autres ont perdu leurs dents en étant en contact permanent avec des produits chimiques. Certaines personnes rencontrées ont été au contact de l’amiante.
Les personnes rencontrées souffrent souvent de douleurs corporelles, d’arthrose et ont des hernies discales résultant de leurs postures de travail.
Elles ont aussi des pathologies liées à la vieillesse tels que la perte de mémoire, des problèmes de prostate et de cœur ou des cas de décollement de la rétine.

Des souffrances psychiques liées a une présence vécue comme illégitime

Les parcours migratoires ont été motivés par le travail. Les lieux de travail sont les premières informations que les immigrés âgés évoquent, juste après leurs conditions de départ. Ils retracent, avec rigueur et précision leurs différentes expériences professionnelles (avec faits et dates).
Désormais, ils sont au chômage ou à la retraite et le vivent très douloureusement. Le travail semble être pour eux une valeur fondamentale, le sens de leur trajectoire personnelle. « Comment exister hors du travail, quand on n’a d’existence que par le travail et pour le travail ? La « vacance », qu’elle qu’en soit la nature et quelles qu’en soient les raisons, représente toujours pour l’immigré une situation de crise… »1 .

1. Abdelmalek SAYAD, "La double absence", Paris, Seuil, 1999.

Partager Envoyer Impression