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Pays riches : des millions d’enfants dans la pauvreté

06/06/2012

Pays riches : des millions d’enfants dans la pauvreté

Un nouveau rapport de l’UNICEF révèle l’ampleur de la pauvreté et des privations qui touchent les enfants dans les économies avancées.

Dans les 35 pays étudiés au sein de ce rapport, plus de 30 millions d’enfants vivent dans la pauvreté. Pour l’Union européenne (a été ajouté la Norvège et l’Islande), quelques 13 millions d’enfants n’ont pas accès aux éléments de base nécessaires à leur développement.
Alors qu’elle figure parmi les pays les plus riches et a la plus forte dépense publique pour ses enfants, la France compte près de 10% d’enfants pauvres.

Elaboré par le Centre international de recherche Innocenti de l’UNICEF, le rapport Mesurer la pauvreté des enfants fournit l’aperçu le plus complet actuellement disponible de la pauvreté des enfants dans l’ensemble des pays les plus riches du monde, en se penchant sur ce phénomène à travers deux approches complémentaires : la « privation des enfants » et la « pauvreté relative ».

Seuil de pauvreté et accès aux éléments essentiels

Le « taux de privation » se réfère à l’accès à des « variables » essentielles, par exemple manger des fruits et légumes frais tous les jours, disposer de livres adaptés à l’âge de l’enfant à la maison ou encore pouvoir bénéficier d’un endroit calme et suffisamment spacieux pour faire ses devoirs.
Quant à la « pauvreté relative », on considère qu’un enfant est « pauvre » s’il vit dans un ménage dont le revenu est inférieur à 50% du revenu médian par ménage.

Les taux de privation les plus élevés sont ceux de la Roumanie, la Bulgarie et le Portugal (70%, 50% et 27% respectivement). Les pays nordiques possèdent les taux les plus bas, inférieurs à 3%. Parmi les pays les plus riches, la France (10,1%) est seule, avec l’Italie (13,3%), à dépasser le seuil de 10% d’enfants en situation de privation.
Concernant la pauvreté relative, avec une proportion d’enfants pauvres de 23,1%, les Etats-Unis se placent juste après la Roumanie (25,5%).

La France, mauvais élève des pays les plus riches

Selon le rapport, la France se situe au 14ème rang des 35 pays étudiés, avec 8,8% d’enfants pauvres si l’on considère la « pauvreté relative », ce qui la positionne dans les moins bons élèves des pays les plus riches. Si l’on retient comme indicateur un « taux de privation », la France compte 10,1% d’enfants pauvres.

Ce rapport montre bien le rôle essentiel des politiques publiques pour atténuer la pauvreté des enfants.
Des 35 pays étudiés, la France a la plus forte dépense publique pour les enfants, en pourcentage du revenu moyen par habitant. Grâce à ses mesures de protection sociale, la France parvient d’ailleurs à réduire le taux brut de pauvreté relative des enfants (19,4%) à un taux net de 8,8%. Mais certains pays sont nettement plus performants et réduisent plus fortement la pauvreté des enfants avec des dépenses moins importantes.

Que veut dire « être un enfant pauvre » aujourd’hui en France ?

Etre un enfant pauvre, c’est grandir dans un environnement qui ne permet pas toujours de se développer comme il le faudrait  : accès aux soins entravé, conditions de vie parfois délétères, aide à la scolarité trop souvent défaillante, plus grande exposition aux risques sociaux et aspiration dans la vie plus limitée…
Mais il y a aussi tous les « enfants invisibles » comme les nomme le rapport, qui échappent aux statistiques, et pour lesquels, pourtant, les disparités sont les plus grandes : enfants issus de familles en situation administrative précaire, qui vivent en institution, dans des logements temporaires ou à la rue, dans des hôtels sociaux, foyers pour réfugiés ou demandeurs d’asile, à l’hôpital ou encore en prison.

Que demande l’Unicef France en matière de lutte contre la pauvreté des enfants ?

La proposition phare, figurant parmi les propositions du Manifeste pour l’enfance, est celle du droit à la compensation de la pauvreté pour les enfants. L’objectif est de permettre aux enfants en situation de pauvreté de grandir auprès de leurs parents, tout en satisfaisant les besoins essentiels à leur développement.
La compensation, évaluée à échéance régulière, selon chaque enfant, au regard de ses propres besoins, peut se traduire dans sa vie quotidienne par une aide matérielle ou humaine : l’aider concrètement dans sa scolarité, favoriser l’accès régulier aux sports et aux loisirs, permettre une visite médicale régulière, le doter d’un équipement (bureau, ordinateur, accès internet).

Une autre proposition vise à créer un Observatoire national de l’enfance et de la jeunesse, qui permettrait de suivre régulièrement et mieux comprendre ce phénomène croissant de pauvreté des moins de 18 ans et d’orienter les politiques publiques pour résorber ce fléau.

Enfin, le rapport déplore le manque de données récentes ou manquantes. Ainsi, le Bilan Innocenti 10 se base sur des chiffres datant de 2009 et ne tient donc pas compte des conséquences de la crise économique qui sévit depuis 2008.

► Pour en savoir plus, consulter le rapport Mesurer la pauvreté des enfants, UNICEF, 2012.
Voir également les études publiées en 2011 par la MIPES sur la pauvreté des enfants, en consultant la page dédiée au groupe de travail "Enfance et précarité".

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