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« Regards sur la pauvreté en Ile-de-France », une forte hétérogénéité des territoires.

30/01/2014

« Regards sur la pauvreté en Ile-de-France », une forte hétérogénéité des territoires.

Cette publication s’inscrit dans le cadre d’un partenariat, pérenne depuis près de quinze ans, entre les Caisses d’allocations familiales (Caf) de la région Ile-de-France, représentées par la Cellule technique de réflexion et d’aide à la décision (Ctrad), et la direction régionale de l’Institut national de la statistique et des études économiques d’Ile-de-France. Cet ouvrage de 35 pages contribue à la mesure et à la connaissance de la pauvreté en Ile-de-France dans le contexte de la mise en œuvre du plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale (PPLPIS).

Les ménages franciliens les plus modestes ont des revenus plus faibles que ceux de province

Un ménage francilien sur deux déclare, en 2010, des revenus mensuels aux services fiscaux supérieurs à 1816 € par unité de consommation (UC), soit en « équivalent-adulte », comparable entre ménages de composition différente. Ce revenu médian par UC est le plus élevé de l’ensemble des régions de France métropolitaine, supérieur de 19% à celui des ménages de province. L’écart est encore plus marqué, 38%, pour le 9ème décile de revenu, correspondant au revenu minimum au-dessus duquel se situent les 10% de revenus les plus élevés. Mais à l’inverse, le 1er décile de revenus, correspondant aux 10% des ménages ayant les revenus les plus faibles, 547 € par mois par UC, est inférieur de 4% en Ile-de-France par rapport à l’ensemble des autres départements métropolitains.

Des profils contrastés de revenus des ménages selon les territoires franciliens

Le premier groupe, composé de Paris, des Yvelines et des Hauts-de-Seine, se caractérise par des revenus médians et un 9ème décile très élevés par rapport à la moyenne de la région. La Seine-Saint-Denis, le Val d’Oise et le Val-de-Marne constituent un second groupe caractérisé par des déciles de revenus plus faibles que la moyenne régionale. Enfin le troisième groupe est composé de l’Essonne et de la Seine-et-Marne où les inégalités de revenus entre ménages modestes et aisés sont les moins importantes de la région.

Paris est le département le plus inégalitaire de la région

Le cas de Paris est particulier car le revenu des ménages les plus aisés est le plus élevé de France métropolitaine. Mais le revenu des ménages les plus modestes y est le plus faible de la région après celui de la Seine-Saint-Denis. Le rapport inter-décile entre le niveau de vie plancher des 10 % d’individus les plus aisés et le niveau de vie plafond des 10 % les plus pauvres permet de mesurer l’ampleur des inégalités. Il est particulièrement élevé à Paris : 11,5 pour les revenus fiscaux déclarés, 7,4 pour l’ensemble de l’Ile-de-France, et 5,2 en province. Après prise en compte de la redistribution des revenus par les prestations sociales et l’impôt, ce rapport sur les revenus disponibles est de 6 à Paris, 4,3 en Ile-de-France et 3,3 en province.

Les effets de la redistribution sont les plus sensibles à Paris et en Seine-Saint-Denis

La prise en compte des prestations sociales et de l’impôt a un effet particulièrement fort sur les revenus les plus faibles. Elle augmente ainsi de 60% de 1er décile de revenus franciliens, est quasiment sans conséquence sur la médiane qui baisse de -0,5% et fait baisser de -0,8% le 9ème décile. Paris est le département qui connaît la plus forte augmentation du 1er décile de revenus de ses ménages après redistribution (+338€ par mois et par UC) avec la Seine-Saint-Denis (+388€ par mois et par UC). La contribution des ménages parisiens du 9ème décile à la redistribution est la plus forte de la région (-609 € par mois et par UC), suivie par les Yvelinois (-373€ par mois et par UC).

En Ile-de-France, 13,3% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté

Un ménage est considéré comme pauvre lorsque son niveau de vie (revenu disponible par UC) est inférieur au seuil de pauvreté. La pauvreté monétaire est mesurée de manière relative, ce seuil correspondant à 60 % de la médiane des niveaux de vie en France, soit 964€ mensuel en 2010. En province, 14,3% de la population vit en dessous de ce seuil. Mais l’intensité de la pauvreté, écart entre le niveau de vie médian de la population pauvre et le seuil de pauvreté est plus élevée en Ile-de-France (20,9% contre 19% en province).

Le pouvoir d’achat des ménages franciliens modestes baisse depuis 2009

Le niveau de vie des ménages franciliens les plus modestes a baissé, en euros constants, de -1,4 % en 2009 et -2 % en 2010, tendance qui se poursuit en 2011. Cette diminution est plus forte qu’en province(-1,2% et -1,4%). Entre 2008 et 2010, les ménages franciliens les plus modestes, correspondant au 1er décile de revenus, perdent un point de pouvoir d’achat par UC de plus que les ménages de province : -3,4% (contre -2,4%).

A caractéristiques comparables, un ménage francilien encourt un risque de pauvreté en condition de vie supérieur de 40 % à celui d’un ménage de province

Le taux de pauvreté en condition de vie est un indicateur qui permet d’identifier l’absence de bien-être matériel ou des difficultés dans la vie quotidienne, à l’échelle d’un ménage, en s’appuyant sur 27 indicateurs de privation. Un ménage est considéré comme pauvre en condition de vie s’il cumule au moins 8 difficultés. Les ménages franciliens sont par exemple davantage confrontés à des retards de paiement de leur loyer et charges, au surpeuplement de leur logement. Mais leur logement est moins souvent humide ou difficile à chauffer et ils se privent moins de vacances.

Deux foyers allocataires franciliens sur dix bénéficient du Revenu de solidarité active (Rsa) socle ou de l’Allocation pour adultes handicapés (Aah) Les Caisses d’allocations familiales versent deux minima sociaux, le Revenu de solidarité active (Rsa) et l’Allocation pour adultes handicapés (Aah) parmi les 8 minima sociaux existants en France. Le volet « Minimum social » du Rsa, le Rsa socle, touche près de 291 000 foyers en Ile-de-France en 2012 dans lesquels vivent 555 611 personnes. Plus de 14% des foyers allocataires franciliens le touchent et cette proportion s’élève à 23 % en Seine-Saint-Denis. Dans sept foyers sur dix les bénéficiaires vivent seuls ou dans une famille monoparentale et sont sans activité professionnelle. Plus d’un foyer sur dix est dans le dispositif RSA socle (ou son équivalent) depuis au moins 10 ans. Plus de 125 000 foyers franciliens perçoivent l’Aah, 192 000 personnes vivant dans ces foyers. En 7 ans, le nombre de bénéficiaires de cette allocation a progressé de 32 % dans la région. Sept allocataires de l’Aah sur dix sont des personnes seules.

Un foyer allocataire francilien sur deux touché par la pauvreté au moins une année entre 2008 et 2011 Entre 2008 et 2011, parmi les 906 600 foyers allocataires franciliens référencés dans les fichiers des Caisses d’allocations familiales durant les quatre années et dont les revenus sont appréhendés convenablement, la moitié a connu la pauvreté monétaire au moins une année. Dans ces foyers vivent environ 1,3 million de personnes. Un foyer allocataire sur quatre est même confronté à la pauvreté chacune des quatre années de 2008 à 2011. Les personnes seules et les foyers monoparentaux sont plus souvent concernés par la pauvreté persistante. La baisse des revenus est le principal facteur entraînant un basculement dans la pauvreté. Ce sont avant tout des évènements liés à la vie familiale (la séparation de son conjoint, parfois l’arrivée d’un enfant) ou à l’emploi qui influent sur l’entrée dans la pauvreté.

Les prestations sociales constituent les trois quarts des revenus d’un foyer allocataire francilien sur cinq

En Ile-de-France, 1,7 million de foyers bénéficient de prestations sociales des caisses d’allocations familiales. Parmi eux, 19 % ont des revenus constitués à 75 % ou plus de prestations sociales. Ce sont des foyers dits très dépendants des prestations, en situation particulièrement précaire. Les personnes seules sont plus souvent dans cette situation (60% des allocataires très dépendants sont des personnes seules ; alors que les personnes seules représentent 16% des foyers allocataires qui ne sont pas très dépendants), inactives ou au chômage (73% contre moins de 12% pour les allocataires non dépendants). A Paris et en Seine-Saint-Denis, plus de 2 foyers allocataires sur 10 sont dépendants à 100 % des prestations sociales.

Nathalie Couleaud INSEE _ Danie Chemineau CTRAD

Le dossier complet : Regards sur ... la pauvreté en Ile-de-France

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